Laureïra avance prudemment, le gros des troupes de morts-vivants avant été repoussée, mais il en reste des petits groupes errants sans buts. Elle allait de cachette en cachette, esquivant également les patrouilles de gardes, de peurs d'être ramené en "sécurité".

La nuit était calme, des râles cassaient le silence.

- Ces satanés morts-vivants, siffle-t-elle entre les dents, je les déteste !

Elle sert sa dague, toujours en main, et continue.

Une heure plus tard, la voilà proche de Tranquillien, la ville semblait vide, abandonnée à son sort. Elle s'approche prudemment, plus un elfe, plus une goule, et pourtant cette odeur persistante de brûlé embaume l'ambiance.

Elle arrive devant sa demeure et se stoppe nette. Sur la porte une croix rouge a été peinte, ça n'est pas bon signe. Une boule au ventre se fait ressentir, elle reste immobile.

Quelques minutes passent, elle n'a pas bougé, dans ce silence lourd, elle réfléchit.

- Que vais-je trouver à l'intérieur…Peut-être…

Elle chasse cette idée de la tête, c'est impossible.

Laureïra avance enfin, doucement, elle pose la main sur la poignée et ouvre doucement la porte. A l'intérieur, le temps semble s'être arrêté, table renversée, chaises cassées, traces de sang, beaucoup trop de sang. Elle fait quelques pas, s'arrête et regarde le sol, là où sa mère se trouvait, le sol est rouge, des flashs apparaissent, elle revoit sa mère, les yeux écarquillés. Elle chasse le souvenir.

Là où elle a vu son père et sa sœur, rien. C'est bon signe, ont-ils pu s'échapper ?

- Mais où êtes-vous ?

Elle fouille les alentours, au sol il y a un bracelet, celui de sa sœur, elle le met à son poignet. Laureïra va ensuite à l'étage.

- Personne...

Elle récupère quelques-unes de ses affaires puis va sur la terrasse, là où tout a basculé…

Au milieu, le tableau de son père toujours sous le drap. Elle le dévoile, et reste bouche bée. Sur le tableau, Laureïra est à une table, sa plume à la main et elle regarde vers "L'artiste", un grand sourire aux lèvres. Les larmes lui montent aux yeux, elle les ferme et recouvre la toile avec le drap.

- Père…

Elle emballe le tableau et commence à partir lorsqu'elle voit un nuage de fumée en contre bas. Elle s'approche du bord et découvre une grande fosse dans laquelle tous les corps ont été mis avant d'être brulés. l'origine de cette odeur immonde…

Elle reste quelques minutes à regarder le brasier, puis détourne le regard

- Ne pas perdre espoir ! Partons d'ici, je ne veux pas qu'on voit que je suis partie

Laureïra devant le tableau de son père